Le château de Belle-Fille

Bien assis au milieu des champs, dominant la petite vallée sur la rive droite du Renom, face au Belvédère posé en sentinelle sur toute la région, le vieux château de Bellefille somnole dans le silence indifférent au bruit du monde, sourd aux éclats de voix, aux disputes, aux cris, vivant des souvenirs d’un grand passé.

Et quel passé ! L’histoire de Bellefille est à classer au répertoire des contes du Moyen-Age.

 

La légende de la BELLE-FILLE :

Hugues de Saint-Calais, évêque du Mans de 1136 à 1144 ayant excommunié Damase, seigneur d’Asnières, qui entretenait publiquement et avec scandale Damgerose, sa nièce, fille de Gaudin de Chemiré, cette censure fut signifiée à Damase qui la méprisa, et fît répondre à l’évêque que son excommunication ne lui empêcherait point l’usage de l’eau et du feu qu’elle lui interdisait. Hugues, étonné de son impudence et de son obstination, lui prédit que si, dans six mois, il ne chassait pas sa concubine, le feu et l’eau lui ôteraient l’usage de la vie, ce qui arriva. Environ six mois après cette prédiction, Damase ayant passé la rivière de la Sarthe, pour faire voler un faucon dans la plaine, il survint un orage qui le surprit avec son fauconnier lorsqu’ils chassaient à l’oiseau. Damase qui voulait gagner le couvert dans une maison qui paraissait sur une roche de l’autre côté de la rivière, entre avec son fauconnier dans un bateau qui se trouvait sur le bord. A peine furent-ils embarqués, que le tonnerre brisa le bateau et coula ces deux hommes au fond. Quelques recherches qu’on fît, on ne put trouver le corps du seigneur ; celui du fauconnier le fut auprès de l’île de Sablé, où le courant l’avait entraîné. Damgerose, qu’on appelait la Belle Fille, effrayée et touchée de cet accident, alla trouver l’évêque, lui confessa ses fautes et lui en demanda l’absolution. Ensuite, elle se retira avec deux de ses parentes dans une terre qu’elle tenait de son père, où elle bâtit sur le penchant d’une petite colline, un oratoire dans lequel elle fit pénitence pendant cinquante ans : c’est où existe actuellement le château de Bellefille.

Cette histoire est tirée de la « Légende dorée des Evêques du Mans »

 

Belles et terribles histoires « d’amour et de sang » où le bien s’impose au mal. Belle dame Gérose, qui avait tant aimé, venait à se reposer sur le vieux banc moussu, près de la chapelle, là où plus tard, Monsieur le Premier conseiller de Courthardy,  appuyé sur sa canne à pommeau d’or, aimait à rêver des « belles d’antan ».

C’est aux environs de 1100 que fut construit le premier château par Gaudin de Chemiré, seigneur de l’époque et c’est en 1140 que « Dame Gerose », sa fille, surnommée vraisemblablement pour sa beauté « Belle Fille » donna son nom au château, nom qui se perpétua à travers les siècles jusqu’à nos jours.

Trois cents ans après la légende de dame Gerose dite « Belle fille », nous retrouvons le nom de cette jolie propriété. Elle appartînt en 1467 à Pierre de Courthardy « seigneur de Bellefille » qui contribua à déterminer le dernier Comte du Maine, Charles II, à disposer de ses états au profit du roi de France Louis XI, son neveu. Ainsi, en décembre 1481, le Comté du Maine se trouva définitivement réuni à la couronne de France. En 1486, de Courthardy devînt  avocat général au parlement de Paris, puis en 1497, président de la Grande Chambre. Son fils, Pierre II de Courthardy devait accéder au château en 1525.

Alors que l’hérésie de Calvin (réformateur français) atteignait le Maine, on sait qu’aux environs de 1530, par son mariage avec Catherine Le Vayer, dame de Lignerolles, René du Bellay II acquit le domaine de Bellefille. Il commandait alors au Mans en qualité de lieutenant du roi pour l’Anjou, le Maine et la Touraine. L’aînée des filles de René du Bellay épousa en 1608 Charles de Hautefort, marquis comte de Montignac et maréchal des camps et armées du Roi.

Avec les du Bellay, puis les de Hautefort, le château prît ses lettres de noblesse. Ce fût Gilles, fils cadet de Charles de Hautefort, mousquetaire du roi et compagnon d’armes de d’Artagnan, qui en devînt propriétaire.

A cette époque, Paul Scarron, célèbre littéraire, aimait à se trouver au château de Bellefille. Il y passa notamment l’été 1640 pour amuser Mme de Hautefort, favorite déchue de Louis XIII.

Le 24 avril 1733, Nicolas Nepveu, écuyer, seigneur de la Motte acquit des héritiers de Hautefort la terre de Bellefille et ses dépendances. Le dernier des Nepveu, Jacques Pierre Daniel Nepveu, né le 3 septembre 1862, eut une vie particulièrement intéressante.

Reçu à l’école militaire de Paris le 15 septembre 1782, il y fut élève en même temps que Napoléon Bonaparte. Mais n’étant pas de ceux qui, comme Bonaparte, avaient le cœur « bleu blanc », il abandonna le service militaire en 1792, émigra et ne revînt au Mans qu’en 1800. Il se retira alors en son château de Bellefille où il y mourût le 30 octobre 1842.

Le nouveau propriétaire du château fut alors Mr Jean Baptiste de la Corbière, qui en 1858, fit échange de terres avec M. de Sarcé. Le 15 septembre 1871, sa femme, Mme de Sarcé, en fît donation à sa fille, Mme de Longueval d’Haraucourt qui, elle-même, légua le château à Mr de Jourdan.

Le 22 avril 1920, les de Jourdan, vendirent Bellefille à M. et Mme Dupont qui, eux-mêmes le revendirent le 18 mai de la même année à M. et Mme Bourgeois Jonhson. Eux aussi restèrent peu dans le domaine puisqu’en 1922, le château devint la propriété de M. Todesco qui y fit planter de nombreux cyclamens et y vécut jusqu’en 1932 année où, le 23 juillet, M. Trouvé acheta Bellefille. Mme P. Migault, sa fille, en hérita le 24 juillet 1961.

Il faut noter que ce château a été transformé en 1941 en centre de jeunesse pour y accueillir des jeunes gens de 14 à 20 ans afin qu’ils se ressourcent et trouvent l’élan qui leur permettra de faire leur entrée dans la vie.

Ce joli château construit à partir du XIIe siècle marqué par près de neuf cents ans d’histoire, reste un site très agréable. Il présente notamment un portail d’entrée très remarquable inscrit à l’inventaire supplémentaire des bâtiments de France, par arrêté du 11 avril 1973, ainsi que la totalité des façades, toitures du château, des communs et du pigeonnier.

 

En bref

Agenda

25 septembre

Conseil municipal à 20h30, à la Mairie

Consulter l'ordre du jour

29 septembre

Pot de l'amitié de l'APEC, à la petite Salle des Fêtes

30 septembre

Réunion d'information sur le maintien à domicile, de 9h30 à 12h à la Salle des Fêtes

6 octobre

Assemblée générale du Foyer rural, à la Salle des Fêtes à 20h30

12 octobre

Repas des Aînés ruraux

12 octobre

Assemblée générale de l'association Pengakro, à la petite Salle des Fêtes à 20h30

13 octobre

Assemblée générale d' "Entre deux Choeurs", à la petite Salle des Fêtes à 20h30

14 octobre

Concours de pêche organisé par le Comité des Fêtes à l'étang communal

16 octobre

Conseil municipal à 20h30, à la Mairie

22 octobre

Repas des Anciens combattants

24 octobre

Loto organisé par les Aînés ruraux

28 octobre

Soirée Halloween organisée par le Comité des Fêtes

5 novembre

Après-midi contes organisé par le Foyer rural, à 16h à la Salle des Fêtes

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