La légende du curé Pasquier

L'église de Saint-Benoît avec son clocher, au début du XXe siècle

De nombreux personnages importants ont marqué notre commune. Monsieur Louis Pasquier naquit à Crannes en Champagne le 14 août 1765 : après ses études, il embrassa la vie religieuse dans l’ordre des Bernardins et fit ses vœux le 26 mars 1787, tonsuré le 22 septembre. Il n’était pas encore prêtre, mais clerc. Il fut alors envoyé à l’Abbaye de Champagne où il demeura jusqu’à la révolution. Ensuite, sa vie fut très tourmentée.

Le 4 avril 1791, il fut obligé de quitter cette abbaye et se retira dans sa famille, sous la conduite de ses oncles dont l’un était Monsieur Pasquier, curé de Crannes et l’autre Monsieur Barbot, curé de Lamnay. Mais la tourmente révolutionnaire ne tarda pas à arracher Monsieur Pasquier à sa famille et à le contraindre à s’exiler avec son oncle  Monsieur Barbot, dans l’île de Jersey. Il n’y resta pas longtemps, envoyé secrètement en France pour prendre connaissance de l’état des choses. Il se réfugia à Crannes dans la maison familiale. Mais voilà que le bruit se répand que Monsieur Louis Pasquier a émigré et qu’actuellement il est chez son père. Une troupe de gens armés vient pendant la nuit cerner la maison. Prévenu par sa famille, à demi-nu, il se précipite par une croisée, au même instant une vive fusillade se fait entendre. Heureusement il n’est pas atteint. Connaissant la localité, il parvient à s’échapper. Mais à quelque temps de là, il est arrêté par une troupe de soldats qui battaient la campagne.

Une jeune dame parente de Monsieur l’Abbé Pasquier et qui plus tard deviendra sa tante apprend l’arrestation de son parent. Elle demande grâce pour lui auprès du capitaine, en donnant pour motif sa grande jeunesse et qu’il n’est pas prêtre. A force d’instance, elle obtint de cet officier que l’exécution soit retardée jusqu’au soir et elle promet de lui remettre un certificat de l’autorité locale qui atteste que Monsieur Pasquier n’est pas émigré. Mais le certificat promis n’arrive point, les soldats, qui avaient dépouillé Monsieur Louis Pasquier de sa montre et de son argent, demandent sa mort à grands cris. Le capitaine, quoique plein d’humanité, craignant de se compromettre cède à leurs vociférations. On amène donc le prisonnier ; on le fait mettre à genoux ; on lui bande les yeux ; la troupe n’attend plus que l’ordre de son chef pour envoyer au patient le plomb mortel, quand arrivent plusieurs membres de sa famille qui remettent au capitaine le certificat. Le prisonnier est rendu libre.

Plus tard, Monsieur Louis Pasquier fut encore arrêté à Auvers sous Montfaucon et enfermé à l’évêché qui servait de prison. Cependant, il ne tarda pas à être relâché à cause de sa mauvaise santé. Il vint se fixer à Saint Benoît et se retira chez son frère Monsieur Félix Pasquier. Mais, il ne resta pas oisif. En effet, par décret impérial du 25 prairial an 12 (juin 

1804, il fut nommé percepteur des communes de Chemiré le Gaudin, Saint Benoît et Athenay (ces deux dernières communes ont été réunies à Chemiré le Gaudin par décret impérial du 14 décembre 1809). Après cette réunion, on jugea bon de le faire entrer dans le Conseil Municipal de Chemiré.

Lorsque les églises eurent été rendues au culte catholique, Monsieur Louis Pasquier ne pouvant rentrer dans son couvent, qui était détruit, vint se présenter à Monseigneur Depidoss, alors évêque au Mans. Celui-ci voyant sa bonne disposition se hâta de lui conférer les Saints Ordres et après l’avoir ordonné prêtre le nomma de suite curé de Saint Jean du Bois. Monsieur l’Abbé Pasquier, homme très modeste, n’avait accepté cette cure que pour se rendre utile dans un moment où les prêtres manquaient, aussi quand le clergé devint plus nombreux il résilia sa cure et continua d’habiter l’ancienne paroisse de Saint Benoît, où il avait acheté le presbytère pour la somme de 1 000 francs. Il racheta aussi en 1824, l’église que des habitants avaient acquise pour la conserver et empêcher sa destruction.

C’est dans le presbytère que Monsieur Louis Pasquier vécut, pour le reste de sa longue vie, aimé et vénéré des habitants, respecté de ses confrères.

Quelques années avant sa mort il voulut donner une petite fête à tous les vieillards de Saint Benoît. Au jour fixé, tous se réunirent à l’église accompagnés de petits enfants choisis pour être témoins de la cérémonie et en conserver le souvenir. Puis au sortir de l’église, tous allèrent au presbytère prendre place à une table servie comme un jour de noces.

Il faut noter que Monsieur Nepveu de Bellefille, ancien maire de Chemiré, décédé en 1842, venait voir Monsieur Louis Pasquier toutes les semaines.

Pour la toute petite histoire : Monsieur Pasquier avait un domestique, un cocher, une cuisinière, une vachère. Il possédait 3 chevaux, 2 cavales pour le voyage, 1 cheval de travail « muscadin ». 

Grâce à sa bonté, sa générosité, son souvenir restera à jamais. Il est enterré dans l’église de Saint Benoît et une stèle rappelle ses qualités.

 

Texte publié par Bernadette Galiègue,

Bulletin municipal de décembre 2012

En bref

Agenda

25 septembre

Conseil municipal à 20h30, à la Mairie

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29 septembre

Pot de l'amitié de l'APEC, à la petite Salle des Fêtes

30 septembre

Réunion d'information sur le maintien à domicile, de 9h30 à 12h à la Salle des Fêtes

6 octobre

Assemblée générale du Foyer rural, à la Salle des Fêtes à 20h30

12 octobre

Repas des Aînés ruraux

12 octobre

Assemblée générale de l'association Pengakro, à la petite Salle des Fêtes à 20h30

13 octobre

Assemblée générale d' "Entre deux Choeurs", à la petite Salle des Fêtes à 20h30

14 octobre

Concours de pêche organisé par le Comité des Fêtes à l'étang communal

16 octobre

Conseil municipal à 20h30, à la Mairie

22 octobre

Repas des Anciens combattants

24 octobre

Loto organisé par les Aînés ruraux

28 octobre

Soirée Halloween organisée par le Comité des Fêtes

5 novembre

Après-midi contes organisé par le Foyer rural, à 16h à la Salle des Fêtes

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